vendredi 18 septembre 2009

Les Hermaphrodites, 1605. Une édition originale en question.


Ayant évoqué dans mon commentaire à propos de l’article de Bertrand : "Pour vous, une bombe bibliophilique, c’est quoi ?" La trouvaille de l’une de mes bombes à moi (une bombinette en fait, mais c’est tellement plaisant de trouver au détour d’un catalogue ce qu’on a convoité si longtemps…), Bertrand m’a décidé à la faire partager ici. J’ai d’autant plus facilement accepté que ce livre ne sera plus à vendre car il a rejoint ma collection privée. Je le confesse ici publiquement une nouvelle fois je suis avant tout bibliophile, et libraire loin derrière…

On trouve toujours (et je n’exagère pas) la réédition de cet ouvrage, réimprimée sous le titre :

Description de l'isle des hermaphrodites. Nouvellement découverte, concernant les moeurs, les coutumes & les ordonnances des habitans de cette isle, Comme aussi le Discours de Jacophile a Limne, avec quelques autres pieces curieuses.
Cologne [Bruxelles]: chez les heritiers de Herman Demen [Foppens], Cologne [Bruxelles] 1724. In-8 de [8], 352 pages.

Aujourd’hui je vous présente donc l’édition originale (? Nous verrons par la suite le pourquoi de ce point d’interrogation) de Les Hermaphrodites [suivi de :] Discours de Jacophile à Limme. S.l.n.d. (1605). In-12 (140 x 70mm) de [2], 168 pages (mal chiffrées 197) ; 143 pages. Reliure de l’époque en plein vélin à coutures apparentes, dos lisse, pièce de titre en maroquin grenat (contregardes et gardes renouvelées anciennement).

L’exemplaire, que l’on peut qualifier de bon exemplaire, est dans son vélin de l’époque, ce qui en augmente encore l’attrait (je ne suis pas bibliopégimane, enfin pas trop et ça dépend pourquoi…).

Reliure. Crédit photographique : Vincent Pannequin, collection personnelle.


Titre-frontispice. Crédit photographique : Vincent Pannequin, collection personnelle.


En faisant quelques recherches je me suis aperçu qu’en fait on connaît très peu de choses sur cet ouvrage et son auteur, Artus Thomas, sieur d’Embry.

L’attribution à Artus Tomas repose sur Pierre de l’Etoile qui note dans son fameux journal à la date du lundi 11 avril 1605 :

« Le livre des Hermaphrodites fut imprimé et publié en même temps, et se voyoit à Paris en ce même mois, où on en fit passer l’envie aux curieux ausquels on le vendit jusqu’à deux écus, ne devant valoir que six sols, et en sçai un qui en paya autant à un libraire de Paris. Ce petit libelle (qui étoit assez bien fait), sous le nom de cette isle imaginaire, découvroit les mœurs et façons de faire impies et vicieuses de la cour, faisant clairement voir clairement que la France est maintenant le repaire et l’asyle de tout vice, volupté et impudence au lieu que jadis elle étoit une académie honorable et un séminaire de vertu. Le Roy le voulut voir, et se fit lire ; et encore qu’il le trouvât un peu libre et trop hardi, il se contenta néanmoins d’en apprendre le nom de l’auteur, qui étoit Artus Thomas, lequel, il ne voulut qu’on recherchât, faisant conscience, disoit-il, de fâcher un homme pour avoir dit la vérité ».

Là on en a terminé avec la partie facile des recherches, et commence le casse-tête des éditions…

Je reprends ici la fiche de l’expert de la vente Pierre Bergé du Jeudi 14 avril 2005, Collection d’un amateur, 1ere partie, numéro 1, qui donne tous les renseignements nécessaires à la base de la réflexion sur les différentes éditions :

« Brunet (t. III, p.191, 23572) mentionne une seule édition qualifiée « originale », en 191 p., qui n’est pas recensée ailleurs. Il s’agit sans doute de celle-ci dont la dernière page est paginée 197. Claude-Gilbert Dublois (Les Hermahrodites, Genève, 1996) fonde son édition sur un exemplaire de la Bibliothèque nationale en 235 p., avec un frontispice gravé sur cuivre. Il indique, sans les localiser ni les distinguer, plusieurs éditions se distinguant par « leurs motifs décoratifs et leur agencement », toutes s’échelonnant entre 1605 et 1610. Roméo Harbour (L’ère baroque en France, Genève, I, p. 562, 4395) ne donne qu’une seule notice bibliographique sans indiquer plusieurs éditions. Le texte est attribué à Arthus (sic) Bertrand par la plupart des bibliographes qui datent les deux éditions (168 et 235 p.) de 1605. Aucun lieu d’édition n’est proposé. Dans les deux, le titre de départ (L’Isle des Hermaphrodites) est le même et le texte des Hermaphrodites est suivi du Discours de Jacophile avec paginations séparées. De même, en frontispice, la gravure sur bois et la gravure sur cuivre sont quasiment identique. « L’Isle des Hermaphrodites est…la première anti-utopie de langue française » (Franck Lestringant)… ».

Cet exemplaire était offert sous une reliure de Cuzin en maroquin bleu établie vers 1880: « Elégante reliure dans le goût des reliures à filets de Bauzonnet ». Pas mal, mais moins bien que mon vélin d’époque (on se rassure comme l’on peut !).

Maintenant, après avoir vérifié les sources de cette description, je suis bien perplexe, à vrai dire encore plus qu’au début de mes recherches, qui pourtant semblaient si simples en partant de l’axiome que le titre Les Hermaphrodites, S.l.n.d. (i.e. 1605) était la seule et unique édition originale…

Or au moins deux éditions, en 168 et 235 pages, et peut-être même une troisième avec Brunet et son édition en 191 pages, sont S.l.n.d.

Pour cette dernière, d’emblée classée fantôme par l’expert de chez Bergé, je suis au regret de lui indiquer une édition en 191 pages, S.l.n.d., conservée à la bibliothèque du Natural History Museum de Londres (Référence bibliothèque : ROTHSCHILD LIB. 67/B 1 ; numéro OCLC : 182909437). A sa décharge, la seule référencée (apparemment).

Donc au moins une 3eme édition « originale »

On trouve de façon sûre l’édition en 235 pages à la British Library, à Cambridge, à Munich, et à la BnF (selon Claude-Gilbert Dublois, car les trois notices du site ne mentionnent pas, comme très souvent malheureusement, la collation…).

L’édition en 168 pages (la notre) ne se trouve à notre connaissance (et après d’assez courtes recherches destinées à vous livrer ces réflexions) qu’à la bibliothèque de la Mac Gill University, Canada (référence bibliothèque : 001561756).

La British Library possède une édition datée (avec interrogation cependant) de 1610, mais qui semble être pourtant celle en 235 pages car la fin est manquante.

Il faudrait avoir sous les yeux les exemplaires des bibliothèques qui n’offrent pas de collations dans leurs fiches pour donner une statistique plus fine des différentes éditions présentes dans les collections publiques (comme à Châlons-en-Champagne par exemple).

Cependant, force est de constater que ces éditions « originales » sont toutes d’une extrême rareté : en France par exemple seule la BnF et l’Arsenal en offrent trois exemplaires, et Châlons-en-Champagne un seul.

Je n’entrerai pas pour l’instant (ou presque pas car il faudra quand même conclure et se lancer) dans l’attribution à l’une ou l’autre de ces éditions l’attribution d’originale, trop peu ayant été fait sur cet ouvrage au niveau des bibliographes.

On peut réfuter par manque d’arguments sérieux (comme le fait l’expert de la vente Bergé) l’attribution d’originale à l’édition en 235 pages par Claude-Gilbert Dublois, professeur de littérature émérite, mais non bibliographe.

Et tous si « la plupart des bibliographes…datent les deux éditions (168 et 235 p.) de 1605 » d’après toujours ledit expert, je dois dire qu’après avoir consulté lesdits bibliographes je n’ai trouvé aucune trace de cette affirmation car ils sont tous très très vagues.

Une des pistes intéressantes serait peut-être de regarder d’un peu plus près les frontispices qui sont extrêmement similaires.


Frontispice de l’édition en 168 pages : gravure sur bois. Crédit photographique : Vincent Pannequin, collection personnelle.


Frontispice de l’édition en 235 pages : gravure sur cuivre. Crédit photographique : Wikipédia.


Frontispice de la réédition de 1724 : gravure sur cuivre. Crédit photographique : Vincent Pannequin. Collection personnelle.


Personnellement, de ma propre expérience de bibliophile puis de libraire, tous les libelles et pamphlets du genre de notre ouvrage, imprimé à petit nombre et sous le manteau dans des périodes troubles, sont toujours de qualité d’impression et de composition typographique médiocres, avec des papier la plupart du temps grisés de seconde qualité. Or si on regarde le soin apporté au magnifique cuivre de l’édition en 235 pages, force est de constater que c’est tout le contraire qui a prévalu : cette gravure est remarquable de détails et le graveur à pris tout son temps. D’ailleurs la réédition de 1724 s’en est inspirée de façon sûre et certaine. Contrairement au bois gravé de l’édition en 168 pages qui est lui juste propre, avec un style beaucoup moins flamboyant, et qui correspondrait mieux à l’idée de l’urgence de l’impression tout comme la typographie et le papier employés.

Rien n’est affirmé dans cette petite « étude », et il faudrait comparer de visu ces 3 éditions originales en 168, 197 et 235 pages pour pouvoir peut-être réussir à déterminer laquelle est réellement l’originale.

Suivre Brunet est tentant mais pourquoi à vrai dire, rien n’est moins sûr, car je n’ai pas pu trouver de représentation du frontispice de cette édition de 1691.

Cependant il pourrait peut-être y avoir eu plusieurs éditions en 1605, avec DES éditions originales de première et seconde émission pour celles en 191 et 197 pages (laquelle est laquelle ? Mystère), suivie par une troisième émission en 235 pages avec un nouveau frontispice cette fois gravé finement sur cuivre, peut-être à l’occasion de l’assassinat d’Henri IV en 1610, car ne l’oublions pas cette œuvre est avant tout un pur produit littéraire de la Ligue catholique et des jésuites, ennemis jurés d’Henri III puis d’Henri IV…D’ailleurs mon exemplaire porte l’ex-libris manuscrit 1712 Migliorucci (soit la comtesse Mary de Nevil Holt 1678-1742, épouse du comte Migliorucci (italien naturalisé sujet britannique en 1709), ou bien le comte Peter Joseph Migliorucci lui-même ?-1726), famille anglaise très catholique dont les accointances avec les jésuites ne sont plus à prouver (à ce sujet lire l’excellent article de Bernard Helliot, An Eighteenth Century Leicestershire Business Woman: The Countess Mary Migliorucci of Nevil Holt in Historical Notes, Volume LXI, Leiceister Archeological Society and Historical Society, 1987, consultable (en anglais) sur http://www.le.ac.uk/lahs/downloads/HistoricalNotessmvolumeLXI-9.pdf).

Replacer Les Hermaphrodites dans son contexte politico-historique est aussi important que d’en étudier l’aspect littéraire, et deux rois ont pu ainsi faire les frais d’une édition originale (pour Henri III) et d’une réédition primitive (Henri IV), car plus que les désordres sexuels qui ne sont pas abordés en tant que tels dans l’œuvre, c’est avant tout le pouvoir royal et la désacralisation du monarque qui en est l’objectif principal.

Merci Bertrand de m’avoir accordé un peu de place dans le Bibliomane Moderne.

Amitiés bibliophiliques à tous,
Vincent P.

PS : lors de mon prochain séjour en Angleterre j’irai vérifier de visu cette fameuse édition unique ( ?) en 191 pages.

PS bis : qui pourrait me dire combien a réalisé l’exemplaire vendu chez Bergé en 2005 ?

61 commentaires:

Bertrand a dit…

Merci Vincent pour ce bon billet.

Je n'ai à ce jour jamais croisé aucune des éditions de 1605... quel qu'en soit le nombre de pages.

B.

Martin a dit…

Je ne connais pas le résultat de la vente de 2005 mais celui du lot 557 de la vente du 23 novembre 2002, à Bruxelles (Bibliothéque libertine): 900 euros (estimation 450/650) + 23% de frais de vente.
[Artus, Thomas] - Les hermaphrodites. S.l., s.n., s.d. [1605], 2 parties en 1 vol.., in-12, maroquin tête-de-nègre (sic) par Cuzin et Wampflug, cadre fileté et torsadé doré sur les plats, dos à 5 nerfs fil. dorés, caissons ornés comme les plats, bordures, coiffes et coupes ornées dorées, tr. dorées, [2]-197 [= 167], 143-[1 bl.] pp. (nombreuses et habiles rest. marginales). Bel ex., parfaitement relié et très bien conservé.
Rarissime édition originale illustré d'un titre-frontispice gravé sur bois [...] Très bel ex. (sic), dans une impeccable reliure signée par Cuzin et par Wampflug, son doreur. Ex-libris F. de Rolland de Lastous. [...]

Vincent P. a dit…

Merci Martin.

Etrange que cet ouvrage se soit retrouvé dans une bibliothèque "libertine"...

Les amateurs confondent, souvent à cause du mot "Hermaphrodites" et des désordres bisexuels supposés, la fonction réelle de l'ouvrage à l'époque.

Vincent P.

PS: cet exemplaire en 2002 était déjà relativement cher pour le prix des livres à l'époque...

xavier a dit…

Le lot 1 de la vente d'un amateur du 14 avril 2005, chez PBA a fait : 1195e frais inclus.

Xavier

Vincent P. a dit…

En regardant bien c'est le même ouvrage, qui a juste changé de couleur entre 2002 et 2005, la tête-de-nègre devenant sans doute une couleur peu politiquement correcte au profit du bleu dont seuls les Schroumtpfs pourraient prendre ombrage...

Car il s'agit de l'exemplaire Rolland de Lastous dzans les deux cas, qui a fait curieusement le même prix en 2002 et 2005: les nombreuses restaurtations ayant disparu dans la description de 2005...

Vincent P.

Pierre a dit…

Le type même d'ouvrage qui me fait rêver. Merci de nous l'avoir présenté. Pierre

Textor a dit…

Ouf ! le choc ! je me connecte à Wanadoo et je vois en gros titre Xavier Bertrand au club de la presse, je me suis dis, voilà, c'est la gloire pour le Bibliomane Moderne !!

Vincent votre article est une somme documentaire que je vais conserver précieusement en attendant de pourvoir mettre la main sur un exemplaire de ce célèbre livre.

Je crois avoir au moins 2 catalogues de libraire qui en faisiaient la description, il faut juste que je les retrouven.

t

Vincent P. a dit…

Merci Textor de ce sympathique commentaire qui va me pousser à travailler un peu plus et écrire quelques billets!

Si vous retrouvez les libraires qui offraient cet ouvrage merci de bien vouloir m'indiquer les détails des fiches svp.

Vincent P.

Textor a dit…

Promis, Vincent, je recopierai les notices, il faudra juste attendre lundi car je me suis éloigné (momentanément ) de ma bibliothèque.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Cet exemplaire a appartenu au marchand italien Joseph-Mark-Innocent Migliorucci, dont on connaît un catalogue de vente de ses livres à Londres en 1716.

Vincent P. a dit…

On aurait donc Peter-Joseph Migliorucci (appelé simplement Joseph Migliorucci dans les documents), italien naturalisé anglais en 1709, comte de Pologne, et un marchand du nom de Joseph-Mark-Innocent à Londres à la même période (ce dernier m'a échappé...)?

Coïncidence? Même personnage? Parentèle?

En effet ce qui est très troublant c'est que l'activité du comte est d'être lui aussi marchand: importateur de billons d'argent d'Espagne.
Et ce qui augmente également le doute est le prénom Joseph présent dans les deux cas.

Donc deux Joseph Migliorucci à Londres au début du 18eme siècle et tous deux marchands ?
Pas si sûr car on ne trouve dans les différences études économiques anglaises que la trace que d’un seul marchand de ce nom : Joseph, comte Migliorucci.

Il semble bien s’agir du même personnage, mais qui sait.

Et si quelqu’un avait ce catalogue ce serait bien de voir si l’ouvrage si trouve car c’est toujours un plus de retrouver une si longue filiation.

Vincent P.

PS: merci Mr le bibliophile Rhemus de me dire où vous avez trouvé son activité car ce n'est pas indiqué sur le catalogue de vente du 24 Janvier 1716.

Martin a dit…

Pour compliquer la chose, dans le KVK et la version non publique de Worldcat, on trouve aussi une édition in-4, 1 f., 200 pp. (Hambourg), deux exemplaires avec 197 pp (A-G12, donc 168 pp.) à Rostock et à Wolfenbüttel, un exemplaire avec 191 pp.à Utrecht, etc. etc.

Vincent P. a dit…

Martin merci.

Pourriez-vous me lister ces références svp car j'ai beau tourner et retourner le KVK dfans tous les sens je n'obtiens ni Hambourg (qui là m'intéresse au plus haut point), ni le reste d'ailleurs...?

Merci par avance: mon email est vincent.pannequin@worldonline.fr

Vincent P.

Bertrand a dit…

Une édition in-4 maintenant !

Eh bien ! On aimerait tous en savoir plus.

B.

Vincent P. a dit…

Martin merci du document sur la famille Migliorucci.

Je base mon attribution sur le fait que cet ouvrage a été acheté à Londres et que le libraire l'a eu en avril 2008 dans l'acquisition de la bibliothèque d'une famille aristocratique locale ayant stoppé d'enrichir celle-ci vers 1830.

Donc le livre est certainement celui de la vente de 1716, ou si pas celui-ci celui d'un Migliorucci de Londres en tous les cas et ils ne sont pas nombreux.

Vincent P.

PS: à noter que le livre était catalogué depuis avril 2008 à 600 euros et que personne ne l'avait acheté car catalogué dans les 18eme à cause de l'ex-libris daté de 1812...

Vincent P. a dit…

Bon ben il faut aller à Hambourg...là je suis plus qu'étonné...200 pages et in-4?

Jamais vu, jamais rien lu à ce propos...

Il semble que l'édition en 235 pages soit bien la plus courante, grâce à Martin (mille merci!).

Vincent P.

Bertrand a dit…

Cela ne peut-il pas être une erreur de fiche de la bibliothèque de Hambourg, indiquant in-4 au lieu de in-12 ???

Les catalogues en ligne de bibliothèques ne sont pas exempt de ce genre de fautes.

B.

Martin a dit…

A vérifier, bien sûr.

Vincent P. a dit…

Demande de renseignements envoyés à la bibiothèque de Hambourg...

Bertrand et Martin que pensez-vous de l'attribution de cet ouvrage à la branche anglaise (d'adoption) des Migliorucci?

Devant les faits ça me semble bien tenir la route...

Vincent P.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

A Vincent P.
"Norfolk Archaeology", 1952, vol. 30, p. 114

Vincent P. a dit…

Au Bibliophile Rhemus:

Merci de bien vouloir donner le lien internet svp ou citer le passage exact comme j'ai pu faire dans ce billet svp.

C'est plus facile pour tout le monde et moins hermétique.

Merci par avance.

Vincent P.

Martin a dit…

google books: migliorucci intitle:norfolk intitle:archaeology

On tombe sur un certain Joseph Mark Innocent Migliorucci.

Vincent P. a dit…

Merci Martin!!

J'adore votre façon de faire car vous êtes pour le partage des savoirs électroniques, et moi je ne suis pas très doué dans ces domaines...

Vincent P.

Vincent P. a dit…

Il va me falloir trouver à la fois ce catalogue (présent à la BL) pour voir si l'ouvrage si trouve, et ensuite voir quels étaient les liens de celui-ci avec l'autre...

J'aime quand c'est compliqué!

Quelqu'un aurait-il ce catalogue à tout hasard??

Vincent P.

Bertrand a dit…

Le catalogue de la vente des livres de Migliorucci en 1716 d'une soixantaine de pages apparemment était déjà mentionné comme "rare" dans un autre descriptif de catalogue (Google books).

Pas facile à trouver sauf dans un fond public je pense.

B.

Bertrand a dit…

Migliorucci, Jos. Mark Innocent.
Title details: Bibliothecae Miglioruccianae catalogus: being the library of the learned Sig. Jos. Mark Innocent Migliorucci, ... : to be sold by auction at Mr. Jones's ... on Monday the twenty fourth of this instant January.

Published: London : printed for J. Roberts, and are to be sold at ... the place of sale; also by most of the booksellers of London and Westminster, and the two universities, and at the several coffee-houses, 1716.
Physical desc.: [4],67,[1]p. ; 8°.
Notes: Microfilm. London: British Library. 1 reel: negative; 35 mm. SC.76. Microfilm. positive. Mic.B.619/76.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

On ne trouve dans le "Norfolk Archaeology" que la mention du mariage de Joseph Mark Innocent Migliorucci en 1722 et sa fonction de marchand italien.
Par contre, de cette famille nombreuse originaire de Florence, Peter M., banquier, et Joseph Mark M., marchand, sont bien deux personnages différents et seul le second fut bibliophile ou, du moins, a laissé la mémoire d'une bibliothèque dont quelques ouvrages ont été vendus de son vivant en 1716.

Martin a dit…

Et on trouve un Peter Joseph M. dans la liste des souscripteurs d'un livre paru à Londres en 1742.

Vincent P. a dit…

Peter Joseph était importateur de billons d'argent d'Espagne: "Count Joseph Migliorucci had been one of the most important dealers in the highly lucrative business of importing silver bullion from Spain".

Ces billons étaient ensuite revendus aux banquiers.

Donc Peter Joseph Migliorucci, comte de Pologne, était lui aussi marchand ("one of the most important dealers") tout comme le second, Joseph Mark Migliorucci. Et sans doute parents.

Je suis d'accord avec la postérité bibliophile: laisser une vente avec un catalogue de 60 pages ce n'est pas si mal...

Vincent P.

Vincent P. a dit…

Sans doute un des petit-fils (??)car d'après le tableau généalogique de Norfolk Archeology Joseph Mark Innocent n'a pas eu de descendance (ou ce qu'on en voit du moins), et Peter Joseph lui a eu un fils né en 1716, Cosmas Henry...mais qui prit le nom de sa mère Nevill...

Vincent P.

Martin a dit…

Dans une autre liste, de 1726, on trouve un Sig. Cav. Pietro Gioseppe M.
Un Monsieur M. dans une édition française de Montaigne (Londres 1724) et un Signor M. dans A new method for the Italian tongue: or, a short way to learn it, Londres 1723.

Vincent P. a dit…

Oui mais celui qui nous intéresse ici à laissé son ex-libris en 1712, donc à moins qu'un 3eme candicat ne fasse surface il s'agit de Peter Joseph ou de l'un des livres de la bibliothèque de Joseph Mark.

A ce propos il serait intéressant de trouver plutôt des ouvrages de cette vente du 24 Janvier 1716 pour voir si l'ex-libris manuscrit daté et signé s'y retrouve...

Vincent P.

Bertrand a dit…

Avec plus de 30 commentaires intéressants, à peine arrivé à la rédaction en chef du Bibliomane moderne, Vincent place son billet à la première place des billets les plus commentés.

Bravo !

Cela appelle forcément de nouvelles piges. Le public en redemande !

B.

Vincent P. a dit…

Oui il faut s'y mettre, mais on s'est éloigné des questions d'édition de ces Hermaphrodites de 1605 avec la piste du 2eme Miglioricci...

Mais bon c'est le plaisir de ces échanges bibliophiliques...

Vincent P.

Bertrand a dit…

Pour revenir à ces questions d'EO...

Résultat de vente ici :

http://www.koller.auction.fr/UK/sale_books_comic_books_and_autographs/v12007_koller/l1759041_thomas_artus_sieur_embry_les_hermaphrodites_.html

Exemplaire donné comme l'EO, pas de pagination précisée (bravo messieurs les experts...), veau frotté, résultat 1.560 CHF le 24 mai 2008. Environ 1.040 euros.

B.

Vincent P. a dit…

Oui même frottée la reliure d'époque paie toujours plus pour ce genre d'ouvrage...

Vincent P.

Bertrand a dit…

Pour un livre partout décrit comme "si rare" dans son édition de 1605, je trouve finalement le prix de 900/1.000 euros assez raisonnable voir peu élevé.

Il y a bien des livres moins intéressants et moins rares qui font bien plus chers.

Allez-y comprendre quelque chose !

Il faudra qu'on en débatte un de ces jours. Rareté VS Recherché !

B.

Textor a dit…

C'est quoi au juste une anti-utopie ?

Bertrand a dit…

Si l'on admet qu'une utopie est au sens strict littéral une "représentation d'une réalité idéale et sans défaut"...

Alors une anti-utopie, c'est exactement le contraire.

Ici en l'occurrence, pour l'auteur, je pense, une vision des vices et des dérangements du règne bien réel d'Henri III.

J'ai bon ?

B.

Textor a dit…

Tout bon, c'est une interprétation plausible. Je pensais aussi que Lestringant pouvait avoir voulu dire que ce livre était la première parodie de l'Ile d'Utopie. Une sorte d'Utopie à l'envers, qui au lieu de décrire le gouvernement idéal contait le pire des gouvernements.
T

Bertrand a dit…

C'est bien possible aussi, alors il faudrait vérifier si c'est une anti-utopie ou une anti-Utopie !

B.

Vincent P. a dit…

Oui en clair c'est ça l'anti-utopie: le contraire du monde rêvé et idéal. Notre monde réel en quelque sorte non?

Bertrand, la rareté n'est pas du tout égale à livre cher en bibliophilie.

Preuve en est avec cet ouvrage qui ne reste qu'un essai politique créé pour une occasion bien donnée et dont les intellectuels de la littérature ont peut-être dit et écrit plus que l'auteur lui-même.

On pourrait revenir dans un billet là-dessus, car un jeune bibliophile peut se constituer un bel ensemble de vraies raretés en reliure du temps, et ce sans se ruiner.

Et avec des choses à mon avis bien plus intéressantes que les maroquineries diverses et variées tel le La Fontaine de l'édition des Fermiers Généraux que l'on voit au moins 10 fois par an dans les ventes et divers catalogues, ou encore le Voltaire de Kehl dont l'édition est si courante...

A voir avec vous donc si vous souhaitez!!

Vincent P.

Bertrand a dit…

oui, c'est certain, tout est lié essentiellement à la notoriété des auteurs concernés.

On en reparlera un jour au détour de quelque extrait exhumé d'outre-tombe.

B.

Denis a dit…

Bonjour,

Sur le frontispice se trouve la devise "A tous accords", qui se trouve être celle d'Etienne Tabourot (mort en 1590), y aurait-il un lien entre les deux auteurs?

Denis.

Vincent P. a dit…

A Denis.

En fait personne ne sait pourquoi la devise "A tous accords" se trouve sur ce titre-frontispice, ni si il y aun rapport avec Etienne Tabourot.

Il faut peut-être y voir un hommage de l'auteur à un poète disparu à 43 ans seulement, ou encore un rappel à ses facéties célèbres. Qui sait?

Vincent P.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

"à tous accords" n'est ici qu'une ancienne expression, et non une devise, qui fait allusion à l'habileté et au savoir-faire des habitants de l'île des hermaphrodites.

Bertrand a dit…

Avis à ceux qui auraient lu un commentaire signé du Bibliophile Masqué et que je viens de supprimer.

Avis au Bibliophile Masqué lui-même.

Je ne veux pas voir ici ce que j'ai déploré ailleurs et ce pourquoi j'en suis parti.

Ni je ne lancerai, ni je n'entretiendrai jamais aucune polémique sur ce blog, il n'est pas fait pour cela.

Je souhaite, ainsi que amis, simplement partager avec vous ma passion pour les livres anciens.

Je présente mes excuses au Bibliophile Rhémus pour les propos déplacés et choquants qu'un lecteur a pu tenir à son encontre sur ce blog. Ils ont été supprimés.

Je présente également mes excuses au Bibliophile Masqué pour lui avoir supprimé son commentaire, susceptible d'être accusé de diffamation envers une personne nommément mise en cause. Merci de votre compréhension.

Vous l'aurez compris, je ne suis pas un adepte de la censure, mais lorsque les choses vont trop loin, les commentaires n'étant pas modérés "à priori", il faut agir en second lieu. C'est ce que j'ai fait. C'est la première fois en plus d'un an que je supprime un commentaire et j'en suis navré.

Merci à tous et à toutes de votre compréhension.

Parlez et commentez "livre". La vie est trop courte pour en faire une foire d'empoigne sans grand intérêt.

Bertrand

Textor a dit…

Bonsoir Vincent

Vous m'avez écrit "Si vous retrouvez les libraires qui offraient cet ouvrage merci de bien vouloir m'indiquer les détails des fiches svp."
J'ai donc feuilleté les catalogues et trouvé 3 références à ce livre, dont 2 de l'édition de 1724. Reste l'exemplaire proposé par la librairie Alix dans le catalogue n°54 cote 59:
"
[Artus, Thomas] - Les hermaphrodites ou l'ile ..... S.l., n.d. [1605], 2 parties en 1 vol in 12,de 235 et 191 pp. Maroquin rouge de l'époque, filet et armes dorés sur les plats, dos à trois nerfs, ornés de filets dorés, tranch. dorées.
Très rare édition originale ornée d'un titre frontispice gravé par L Gaultier..."
Suit la notice habituelle du dictionnaire des oeuvres érotiques.
Très bel exemplaire ayant appartenu au chancelier de Châlon (armes)
Prix 16000 FF

C'est un catalogue de la fin des années 90. (je ne sais pas pourquoi les libraires ne datent jamais leur catalogues)

Il s'agirait donc d'un autre exemplaire à 191 pp - la page de titre est reproduite.

Bonne soirée

Vincent P. a dit…

Au Bibliophile Rhémus: partager votre savoir serait bien plus profitable à tous les lecteurs que de rester hermétique comme dans chacun de vos commentaire.

Citez vos sources ou s'il vous plaît daignez éclairer notre pauvres lanternes de néophytes: où avez-vous trouvé trace de cette ancienne expression car vous battez tous les "fichistes" des plus grandes institutions.

A Texter, merci beaucoup. Un exemplaire en maroquin de l'époque: je suis effondré...

Vincent P.

Bertrand a dit…

Je pense qu'il en existe au moins un exemplaire en maroquin de l'époque... aux armes !!!

Reste à le trouver.

Il va hanter vos jours et vos nuits pour finir par ne plus faire que de vous un zombie errant dans la lande...

B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

A Vincent P.

Je ne cherche nullement à "rester hermétique", mais il est parfois difficile de donner une source pour chaque affirmation.

Merci pour le compliment : je suis heureux de savoir que j'ai "battu tous les "fichistes" des plus grandes institutions" : j'espère que le "Bibliophile Masqué" ne m'en voudra pas trop...

La source pour l'expression "à tous accords" est le "Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la langue française" de Quitard (1842), page 9, article "Accord", qu'on doit pouvoir trouver sur "Google Books".

Vincent P. a dit…

A Mr. Rhemus.

Il n'est nullement difficile de donner une explication à chaque question posée ou soulevée, dans la mesure où c'est comme cela que la science progesse me semble-t-il.
A moins qu'on soit élitiste et qu'on préfére distiller au compte-gouttes...

Quand au "bibliophile masqué" à qui vous faites allusion je n'ai pas compris moi qui il était, n'ayant pas eu le loisir de lire l'article incriminé.

Voilà, je vous le dis: je vous trouve certes d'une très grande érudition et d'un très grand savoir, mais par certains aspects vous voulez à tout prix la conserver au détriment des autres, à savoir ici les bibliophiles en soif de connaissances...

Vincent P.

Bertrand a dit…

Détendez-vous les gars !

Ici on veut tout savoir, sans rien payer et en plus on est pacifique,
alors on se fait la bise, on se dit qu'on s'aime et on continu à chercher ce maudit exemplaire relié en maroquin aux armes sur les Hermaphrodites de 1605 !

Merci à vous.

B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Mes publications (livres et revues)et mes interventions sur quelques blogs spécialisés prouvent combien je n'ai que le partage des connaissances comme but.
Je suis probablement maladroit pour me faire comprendre et je m'en excuse auprès de tous, mais je suis perfectible...
Quant aux références de ce que j'ai gardé en mémoire, je ne les ai pas toujours sous la main, mais je peux les retrouver si cela est important, ce que je viens de faire.
Ma devise a toujours été "Amitié et tolérance", nombreux sont ceux qui peuvent en témoigner : j'aimerais qu'elle soit aussi celle de tous.

Bertrand a dit…

Merci Jean-Paul pour ta participation que j'apprécie beaucoup.

B.

Vincent P. a dit…

Cher Monsieur le bibliophile Rhémus,

Vous me faites grand plaisir de par votre réponse à ces quelques lignes qui étaient destinées à vous tarauder un peu.

Merci par avance de tout ce que vous voudrez bien nous "nourrir".

Cordialement,
Vincent P. (très maladroit à ses heures aussi...)

xavier a dit…

Merci Jean-Paul, de tes commentaires éclairés sur le BiMo. Je souhaitais te dire, que je garde un très bon souvenir de nos amicales rencontres.
Amitiés
Xavier

Vincent P. a dit…

Si quelqu'un avait ce catalogue Alix avec cet ouvrage je suis intéressé par une photocopie.

Au fait cette librairie existe-elle toujours?

Vincent P.

Textor a dit…

Pas de pb, je peux vous envoyer la photocopie de la page lundi via Bertrand ou bien vous me donner une adresse mail.
Le catalogue reproduit la page de titre et non la reliure.
Il y a longtemps que je n'ai pas entendu parler de cette librairie Alix, ni recu de catalogue.
Bonne soirée.
T

Vincent P. a dit…

A Textor.

Merci de bien vouloir m'envoyer un email à vincent.pannequin@worldonline.fr

Cordialement,
Vincent P.

rsatterley a dit…

Nous avons une copie de ce livre dans notre collection, mais manquant le page titre: http://www.middletemplelibrary.org.uk/uhtbin/webcat. La pagination est: 235, [1] ; 191, [1] p., incluant le 'discours de ....'.

Le catalogue collectif de France donne 4 exemplaires, mais seulement un donne la pagination. http://www.ccfr.bnf.fr/portailccfr/servlet/LoginServlet.

Merci pour un excellent article sur ce livre interessant, et desolee pour mon francais atroce!

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